Il est toujours planqué à l'ombre. "Trop de soleil", qu'il chuchote.
Lui, il préfère la pluie, ces douces gouttelettes qui dégringolent sur
ses joues, s'accrochent à son pull, et qu'il n'a pas besoin d'essuyer
par pudeur. De fausses larmes, qui sortent tout droit du coeur, et ne
choquent jamais les passants.
Quand il ferme les yeux, il a l'air d'un enfant. Il ressemble à celui qui n'a pas pu grandir, enfermé au loin, libre sur ses plages de sable doré. Quand il ferme les yeux, il s'en va rejoindre sa maison ailleurs, qu'il n'a jamais quitté. Il a l'air d'un enfant, d'un gamin triste aux yeux plissés par les années accumulées par dessus ses épaules. Il courbe le dos, passe furtivement la paume de sa main sur ses côtes douloureuses. C'est l'air d'ici qui ne lui convient pas. C'est l'enfant là bas qui le retient toujours, qui s'agripe à son bras et le retient vers le passé. Quand ses paupières sont closes, on dirait toujours un enfant qu'il faudrait consoler. Un gosse perdu dont personne ne s'approche, alors que, pourtant, c'est lui le plus gentil à des kilomètres à la ronde. Il referme les poings autour d'un vide muet, il s'enroule étroitement dans ses bras repliés, et puis il attend. Il attend de grandir, et de retrouver son enfant abandonné sur une grève étroite. Mais personne n'est encore venu, et la mer est si loin, si loin qu'aucun bateau ne peut l'embarquer. Il est aussi cloîtré que l'autre. Alors il relève ses paupières, sourit vaillamment et reprend soudainement quelques années de plus.
Quand il ferme les yeux, il a l'air d'un enfant. Il ressemble à celui qui n'a pas pu grandir, enfermé au loin, libre sur ses plages de sable doré. Quand il ferme les yeux, il s'en va rejoindre sa maison ailleurs, qu'il n'a jamais quitté. Il a l'air d'un enfant, d'un gamin triste aux yeux plissés par les années accumulées par dessus ses épaules. Il courbe le dos, passe furtivement la paume de sa main sur ses côtes douloureuses. C'est l'air d'ici qui ne lui convient pas. C'est l'enfant là bas qui le retient toujours, qui s'agripe à son bras et le retient vers le passé. Quand ses paupières sont closes, on dirait toujours un enfant qu'il faudrait consoler. Un gosse perdu dont personne ne s'approche, alors que, pourtant, c'est lui le plus gentil à des kilomètres à la ronde. Il referme les poings autour d'un vide muet, il s'enroule étroitement dans ses bras repliés, et puis il attend. Il attend de grandir, et de retrouver son enfant abandonné sur une grève étroite. Mais personne n'est encore venu, et la mer est si loin, si loin qu'aucun bateau ne peut l'embarquer. Il est aussi cloîtré que l'autre. Alors il relève ses paupières, sourit vaillamment et reprend soudainement quelques années de plus.
Ecrit par , le Dimanche 18 Juin 2006, 02:57 dans la rubrique After Time.
Commentaires :

Sylvano
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